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By: Frantz Roncier 0 0

Climatisation des transports en commun parisiens et régionaux

Vœu présenté par Jérôme DUBUS et les élus du groupe
Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants & Julien BARGETON
et les élus du groupe Démocrates et Progressistes

Relatif à la climatisation des transports en commun parisiens et régionaux

Considérant les épisodes caniculaires connus annuellement par Paris et la Région Île-de-France ;

Considérant que ceux-ci, qui sont chaque année plus longs et plus extrêmes (les vigilances canicules devraient passer d’une à 25 par an), s’analysent au sein d’un mouvement de réchauffement climatique global ;

Considérant que Météo-France projette 4 à 5 degrés de plus à l’horizon 2071-2100 dans la capitale ;

Considérant que Paris est déjà considéré comme un « îlot de chaleur urbain», c’est à dire un microclimat créé par un tissu urbain très dense, qui se traduit par des températures nocturnes supérieures d’environ 2,5 °C à celles des zones rurales voisines ;

Considérant que ces fortes chaleurs, couplées au trafic routier et aux activités industrielles, sont la cause de pics de pollution majeurs d’ampleur régionale et qu’en conséquence, la Ville de Paris institue des périodes de circulation alternée, voire d’interdiction faites aux véhicules polluants de se rendre sur son territoire ;

Considérant par ailleurs la politique, menée par la Ville, de diminution de la part de la voiture individuelle dans les transports parisiens ;

Considérant que ces mesures légitimes s’accompagnent cependant d’un appui accru sur le réseau régional de transports en commun ;

Considérant néanmoins que la chaleur dans les transports en commun est dommageable pour la santé de leurs usagers, notamment aux heures de pointe et pour les personnes les plus fragiles (femmes enceintes, enfants, personnes âgées, personnes souffrant de troubles respiratoires ou cardiaques, …) ;

Considérant que la chaleur est également la cause de ralentissements et dysfonctionnements techniques desdits transports, multipliant ainsi les occasions pour les usagers de subir les affres de la canicule ;

Considérant cependant qu’à l’heure actuelle, dans la capitale, seules 5 lignes du Métro sont équipées de ventilation réfrigérées (lignes 1, 2, 5, 9 et, pour partie, 14), au même titre que le tramway et une portion du RER B ;

Considérant que les ventilations, naturelle ou mécanique forcée, des autres lignes du Métro ne suffisent ou ne fonctionnent plus, pour aider les passagers à lutter contre la chaleur estivale ;

Considérant qu’à titre de comparaison, la majorité des trains SNCF circulant en France sont climatisés (100% des TGV et des Intercités, 69% des TER), mais que seuls 41% des Transiliens le sont ;

Considérant qu’en cas de panne et d’immobilisation, la SNCF, dans le cadre de son plan canicule, prévoit seulement des réserves d’eau “au bout d’une heure de retard si la climatisation est en panne, et au bout de deux heures si la climatisation fonctionne” ;

Considérant que si la Région Île-de-France a bien annoncé le déploiement de bus à climatisation douce à partir de 2019, rien n’a été prévu en ce qui concerne les lignes de Métro et de RER ;

Considérant, par ailleurs, la mise en service progressive à partir de 2020 des futures lignes du Grand Paris Express ;

Considérant que, selon la RATP, l’impact environnemental de la climatisation est encore un frein à son implémentation dans l’ensemble des transports en commun franciliens ;

Considérant que répondre à cette problématique n’est pas seulement un enjeu de confort, mais aussi un impératif de santé publique majeur pour les décennies à venir ;

Considérant qu’en ce sens, l’ensemble des pouvoirs publics franciliens doit pleinement se saisir de cette question fondamentale et y apporter une réponse concrète en cohérence avec les enjeux techniques et environnementaux qu’une telle entreprise implique, mais aussi avec la santé des usagers ;

Sur la proposition de Jérôme DUBUS et des élus du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants & de Julien BARGETON et des élus du groupe Démocrates et Progressistes, le Conseil de Paris émet le vœu que :

  • la Ville de Paris interpelle la Région Île-de-France, Île-de-France Mobilités, la RATP, la SNCF et la Société du Grand Paris afin que ceux-ci engagent une réflexion sur la climatisation des transports en commun franciliens.

 

  • L’objectif de cette réflexion soit d’établir à terme les conditions financièrement et écologiquement responsables d’un programme de climatisation de tous les transports en commun métropolitains et régionaux, incluant notamment, dans chaque plan de renouvellement et d’achat de nouvelles rames, l’installation de systèmes de climatisation performant.

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