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By: Frantz Roncier 0 0

Délibération SANTÉ CONNECTÉE

SANTÉ CONNECTÉE

 

État des lieux

La Ville de Paris accuse actuellement un retard croissant et préoccupant en matière d’offre de santé. Elle affronte en effet un certain nombre de difficultés qui lui sont propres (déséquilibre entre généralistes et spécialistes, fréquence des dépassements d’honoraires, mauvaise répartition géographique des médecins, délai d’obtention de rendez-vous, et désertification médicale dans les arrondissements du Nord-Est) ou sont au contraire plus communes à l’ensemble du territoire national (nombreux départs en retraite programmés, fuite des jeunes médecins devant l’exercice libéral).

 

La gouvernance urbaine étant liée à la bonne santé et au bien-être des citadins, le rôle de la collectivité consiste désormais à relever ces grands enjeux par le levier de l’innovation au service de la prise en charge du patient, afin de conserver le caractère solidaire et universel de l’offre de santé parisienne. À cet égard, la e-santé s’est imposée comme une solution pertinente et incontournable.

Le retard en matière d’offre de santé à Paris peut se décliner en deux insuffisances :

  • Dans le domaine de la médecine de ville.
  • Dans le domaine de la médecine hospitalière.

 

La capitale souffre en premier lieu d’une insuffisance dans le domaine de la médecine de ville (arrondissements entiers sous-dotés médicalement, départ à la retraite non compensés, faible nombre de création de cabinet, dépassements d’honoraires aussi fréquents qu’importants).

 

Cet état de fait est par ailleurs encore appuyé par la situation du domaine hospitalier. L’AP-HP rencontre depuis près d’une décennie de graves difficultés financières doublées d’un manque qualitatif de ses soins de suite. Les problématiques budgétaires y ont repoussé la nécessaire évolution des processus thérapeutiques, tant et si bien qu’il n’existe à l’heure actuelle pas d’outil performant afin de s’assurer que les patients suivent correctement leurs soins post-hospitalisation, pourtant indispensables au succès du virage ambulatoire.

 

Or, à l’heure de la démocratisation des objets connectés, de la prise en charge par la Sécurité sociale des téléconsultations et du boom des applications dans le domaine de la santé, la Ville de Paris, en tant que métropole mondiale tournée vers l’innovation, peut et doit s’investir davantage dans le domaine de la santé numérique, qui permettra de répondre à la fois aux difficultés de la médecine de ville et aux écueils financiers de l’AP-HP.

Propositions :

–      Réaliser une application « Paris Santé »

 

Cette application, qui pourrait être étroitement liée à l’application « AP-HP Patient », aurait pour but d’/de :

 

  • Accompagner chaque Parisien, sur la base du volontariat, dans son parcours de soins, grâce un profil personnalisé comprenant les données médicales et paramédicales et générant des conseils ainsi que des informations (ex : notifications sur le suivi post-opératoire ou les rappels vaccinaux) ;
  • Mieux informer les patients sur les professionnels médicaux/para-médicaux et les pharmacies de leur quartier, avec des fiches médecin précisant les spécialités et l’expérience professionnelle ainsi que des avis pour les paramédicaux et les praticiens qui y seraient disposés (par exemple, mieux distinguer les généralistes spécialisés dans la nutrition, l’homéopathie ou encore mieux identifier certaines experts en méthodes alternatives, acupunctures…) et en favorisant la livraison de produits de santé à domicile en dehors des horaires de pharmacie (soirée et nuit)
  • Promouvoir les maisons de santé soutenues par la Ville de Paris, dont le rôle devient croissant dans les zones les moins maillées par l’offre médicale de ville ;
  • Constituer le premier outil de prévention des Parisiens face aux risques sanitaires et médicaux dans la capitale (alertes en cas d’épidémies, rappels vaccinaux à chaque rentrée scolaire, informations sur les allergies saisonnières…)
  • Participer au traitement des urgences, en orientant les patients les moins malades vers la médecine de ville disposant d’outils directement connectés aux plateaux hospitaliers.

 

–      Créer un véritable « Open Data Santé Paris », utile au progrès et à la pharmacovigilance

 

De par le nombre d’habitants et de visiteurs, de par les entreprises de santé présentes sur son aire métropolitaine, Paris représente un site stratégique dans le but de faire avancer la santé connectée, qui compte déjà de nombreuses pépites originaires de l’Hexagone (ex : Withings racheté récemment par Nokia).

Ce secteur fondamental pour la préservation d’un haut niveau de protection sociale et pour notre souveraineté économique nécessite des données régulièrement mises à jour, fiables et surtout partagées, dans le respect des libertés publiques et de l’anonymat des personnes.

Nous en sommes encore trop éloignés, dans la mesure où les entrepreneurs de la santé (créateurs de start-up) éprouvent des difficultés pour évaluer leur marché et ainsi développer leur activité ou accéder à certains dispositifs d’aide, notamment d’ordre financier. Il conviendrait donc de créer une structure légère chargée de coordonner les données détenues par les acteurs de l’innovation en santé à Paris, et d’en garantir l’accès pour les nombreux chercheurs que compte l’écosystème médical francilien.

Cette structure, dont le fonctionnement serait assuré par les services de la Ville aurait pour objectif de mettre en commun les informations permettant d’identifier les sources de progrès pour la médecine et renforcer la pharmacovigilance. Elle serait composée en plus de l’adjoint-e chargé-e de la santé, sur la base du volontariat, de :

 

–      l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP),

–      le Comité d’action sociale de la ville de Paris (CASVP),

–      la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM)

–      l’Agence nationale pour la sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

–      les groupes de l’hospitalisation privée,

–      les acteurs privés de l’hébergement des personnes âgées et/ou dépendantes,

–      les ordres de médecins,

–      le pôle de compétitivité Medicen Paris

–      et d’autres acteurs à définir avec les organismes précités (ex : associations d’aidants)

 

–      Accélérer la digitalisation des équipements médico-sociaux de Paris par des partenariats tripartites : Ville/groupes de protection sociale/technologies de santé

 

La prise en charge des téléconsultations, les promesses des objets connectés, la désertification médicale et l’évolution des professions de santé (de plus en plus tournées vers le conseil au patient et non plus limitées à l’examen propre) vont favoriser l’émergence des outils de diagnostic informatisés, à commencer par les télécabines.

 

Demain, les maisons de santé verront leur attractivité évaluée au regard de leur connexion (lien avec le parcours hospitalier comme avec le médecin traitant) et gagneront une place d’avant-poste hospitalier, notamment dans le traitement des urgences. C’est dans ce contexte qu’évoluent les professionnels de santé (formations nouvelles), l’assurance maladie obligatoire et complémentaire ainsi que les assureurs, dont certains ont décidé de déployer des installations dans les locaux de leurs clients (ex : AXA).

Il revient à la mairie de Paris d’accompagner le développement des outils de connexion, à travers un partenariat avec des fabricants et les groupes de protection sociale. Dans ce cadre, la mairie de Paris lancerait un appel à projets afin d’inscrire les différents sites du Comité d’action sociale de la Ville (CASVP) ainsi que les maisons de santé de la capitale comme des références, dans un parcours médical connecté (médecine de ville, hôpital, organisme de protection sociale).

 

Conclusion :

Parmi les secteurs de la société qui seront bouleversés par l’innovation numérique, la santé constitue le premier enjeu à relever pour les métropoles. C’est en effet au regard de la e-santé que le rayonnement et l’intégrité des territoires seront avant tout évalués. Paris dispose de tous les outils et de tous les acteurs pour devenir l’une des premières références mondiales. Ainsi, le Groupe PPCIpropose des mesures concrètes dont le rapport coût-efficacité s’avèrerait positif pour la Capitale.

Afin de demeurer attentif aux engagements pris par la Mairie de Paris dans son contrat financier Ville-Etat, le financement de ces mesures ne devrait pas générer de nouvelles dépenses mais être au contraire assuré par le redéploiement de ressources, la suppression de certaines dépenses (ex : frais de maintenance d’applications défaillantes telles que Paris Taxis) ainsi que le partenariat financier avec des groupes de protection sociale et des opérateurs privés.

 

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