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By: Frantz Roncier 0 0

Pollution aux particules fines et ultrafines dans les transports en commun franciliens

Vœu présenté par Jérôme DUBUS et les élus du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants

Relatif à la pollution aux particules fines et ultrafines dans les transports en commun franciliens

Vu le rapport rendu par l’association Respire en association avec une équipe du CNRS concernant la concentration de particules fines et ultrafines dans l’air du Métro ;

Considérant que les transports en commun enterrés parisiens présentent des taux moyens de pollution aux particules fines PM 2,5 de 150 à 300 µg/m3 avec des pics à 500 µg/m3 aux heures de pointe pour le Métro et à 800 µg/m3 dans le RER, soit des niveaux près de 30 fois supérieurs à ceux observés dans les rues de Paris ;

Considérant les normes recommandées en matière d’exposition à la pollution aux particules fines PM 2,5 :

  • Selon l’Union Européenne : moyenne maximum tolérée de 25 µg/m3 ;
  • Selon l’Organisation Mondiale de la Santé : moyenne maximum tolérée de
    10 µg/m3 (avec pas plus de 3 pics à 25 µg/m3 par an) ;

Considérant que les niveaux varient d’une station à l’autre, celles de la Défense et de Chatelet, parmi les plus fréquentées du réseau, étant également les plus polluées ;

Considérant que le Métro parisien est emprunté en moyenne par 4,1 millions de passagers par jour ;

Considérant par ailleurs que les Franciliens passent en moyenne 68 minutes par jour dans les transports en commun ;

Considérant aussi l’exposition à la pollution aux particules fines encore supérieure subie par les salariés de la RATP ;

Considérant que l’exposition régulière et prolongée aux particules fines et ultrafines a notamment pour conséquences :

  • Une gêne respiratoire (poussières dites inertes, c’est-à-dire sans toxicité particulière) ;
  • Des effets allergènes (asthme notamment) ;
  • Des effets toxiques sur l’organisme (neurotoxicité des poussières de mercure, effets immunologiques du béryllium…) ;
  • Des lésions au niveau du nez (rhinites, perforations de la cloison nasale, cancer de l’ethmoïde) ;
  • Des effets fibrogènes (prolifération de tissus conjonctifs au niveau des poumons (silicose, sidérose…) ;
  • Et des effets cancérigènes (au niveau pulmonaire pour l’amiante, nasal pour le bois…) ;

Considérant que les particules fines et ultrafines causent chaque année 48 000 morts prématurées ;

Considérant également qu’elles constituent, dans des espaces fermés, un facteur accidentogène (ex : poussières combustibles susceptibles de provoquer une explosion) ;

Considérant qu’il n’existe pas de valeur réglementaire concernant l’exposition des voyageurs aux particules fines ;

Considérant que, pour les salariés de la RATP, l’Article R. 4222-10 du Code du Travail pose des limites en matière de « poussière totale » à 10 mg/m3 et de « poussières alvéolaires » à 5 mg/m3, seuils relativement ineffectifs car trop élevés ;

Considérant par ailleurs que les particules ultrafines (inférieures à 2,5 micromètres), représentant pourtant 99,5% des particules présentes dans le Métro parisien, ne sont pas comptabilisées, n’entrent pas dans les critères de l’Article R. 4222-10 du Code du Travail et restent de toute manière trop mal détectées par les capteurs actuellement en place ;

Considérant que la RATP s’est engagée :

  • à investir 56 millions € entre 2016 et 2020 pour l’amélioration de la ventilation des stations ;
  • et à généraliser d’ici 2030 le freinage électrique des rames pour limiter la production de particules ;

Considérant enfin que deux expérimentations de purification de l’air sur les quais ont été engagées en Juin 2019 dans les gares Avenue-Foch du RER C et Alexandre-Dumas sur la ligne 2 du métro (système de filtrage “IP’AIR“) ;

Considérant que ces expérimentations entrent dans le cadre de l’appel à projet « Innovons pour l’air de nos stations » lancé par la Région et financées à hauteur d’1 M€ par celle-ci ;

Considérant que l’exploitation des données et l’interprétation des résultats seront dévoilées en décembre 2019 sous la forme d’un rapport d’expérimentation ;

Sur proposition de Jérôme DUBUS et des élus du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants, le Conseil de Paris émet le vœu que la Ville de Paris :

  • Plaide auprès de la RATP pour que celle-ci définisse des seuils d’alerte de pollution aux particules fines et ultrafines et, en se basant sur ceux-ci, mette en place une procédure d’urgence de réduction desdites pollutions ;
  • Plaide auprès de la RATP pour une évolution des méthodes de captation, notamment des particules ultrafines, afin de pouvoir informer en temps réel les usagers de la qualité de l’air dans chaque station ; 
  • Et participe pleinement, que ce soit de manière logistique ou financière, aux efforts d’amélioration de la qualité de l’air des transports en commun franciliens initiés par les acteurs publics responsables.

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