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By: Frantz Roncier 0 0

Piétonisation de certains quartiers de Paris

Vœu présenté par Jérôme DUBUS, Marie-Laure HAREL et les élus du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants  

Rattaché à la présentation du Budget Primitif de la Ville de Paris pour l’exercice 2020

Relatif à la piétonisation de certains quartiers de Paris

 

Considérant la prise de position de la Maire de Paris en faveur d’une piétonisation des arrondissements centraux de la capitale ;

Considérant que ceux-ci sont déjà interdits à la voiture tous les dimanches ;

Considérant que la création d’un centre-ville décongestionné et équipé de transports en commun à énergie durable serait de nature à lutter contre la pollution et de promouvoir les déplacements doux ;

Considérant que la Maire de Paris revendique le soutien des habitants de ces arrondissements, ainsi que de plusieurs de leurs Maires ;

Considérant que d’autres espaces de la capitale devraient faire l’objet d’une même réflexion concernant leur piétonisation, notamment les “collines” de Paris, (montagne Sainte-Geneviève, Montmartre, Belleville, etc…) ;

Considérant les précédents de métropoles françaises (Arras, Lille, Rouen, …) comme européennes (Bruxelles, Madrid, Hambourg,…) ayant piétonnisé leurs centre-ville ;

Considérant que la réussite d’un quartier piétonnisé présuppose :

  • Une bonne accessibilité :
    • bonne desserte en transports publics ;
    • nombreux parkings alentour ;
    • espaces piétons agréables ;
  • Des espaces publics de qualité :
    • matériaux, éclairage, bâtiments ravalés…
  • Une offre commerciale adaptée à la piétonisation ;
  • Un appui des pouvoirs publics :
    • communication, animations culturelles et ludiques ;
    • sécurité ;
    • propreté ;
    • politique de déplacement cohérente (limitation et gestion du trafic, livraisons)

Considérant que les exemples de piétonisation (notamment celui de la Grand-Place de Lille – Étude exploratoire du CLERSE (Centre Lillois d’Études et de Recherches Sociologiques et Économiques) – Université de Lille 1 – 2007) démontrent que celle-ci a un impact nuancé sur les commerces des zones ciblées :

  • Augmentation de la valeur des fonds de commerce et risque de spéculation ;
  • Diminution de la part de commerces indépendants au profit de succursalistes et franchisés ;
  • Hausse du taux de rotation ;

Considérant que, parallèlement, la sociologie de la clientèle est de même affectée, les espaces piétons étant plus attractifs pour les jeunes, personnes âgées et « flâneurs » (notamment touristes) que pour les actifs ;

Considérant qu’en conséquence, la piétonisation modifie la nature même des transactions effectuées dans ces espaces piétonnisés :

  • Diversification des produits proposés à la vente (produits plus rares) ;
  • Encouragement des achats impulsifs ;
  • Encouragement de la consommation dite « ludique» ;
  • Développement des produits de moyen de gamme au détriment des produits de luxe ;
  • Focalisation sur les produits à forte marge bénéficiaire ;

 

Considérant que certains types de commerce s’en trouvent favorisés (Équipements de la personne, vêtements, sports, loisirs, culture, restauration) et d’autres, au contraire périclitent (Alimentation, notamment courante, équipements de maisons, services courants) ;

 

Considérant que la piétonisation totale est fatale pour les commerces effectuant des livraisons (notamment vente de produits pondéreux ou encombrants) ;

 

Considérant en somme que, la piétonisation étant défavorable aux commerces du quotidien, elle porte en elle un véritable risque de muséification des quartiers ciblés ;

 

Considérant par ailleurs que la potentielle suractivité des commerces des espaces piétonnisés constituerait pour ces derniers un avantage indéniable et arbitraire sur leurs proches concurrents se situant en zone ouverte à la circulation ;

 

Considérant de plus la problématique du report de circulation, à l’heure où la voirie parisienne est déjà congestionnée, notamment depuis la piétonisation des quais de la rive droite de la Seine ;

Considérant qu’il s’agirait en conséquence, d’une part, de développer l’offre de transports en commun et de pistes cyclables dans les espaces visés et, d’autre part, de trancher la question de la circulation des riverains et des véhicules de livraison et du maintien des lignes de bus ;

Considérant qu’il faudrait aussi mettre en œuvre un système de navettes, aussi bien au sein des espaces visés (comme l’a proposé la Maire de Paris par le projet de création d’une navette                     « Mobile centre ») qu’en bordure de ceux-ci ;

Considérant que des parkings devront également être installés sur lesdites bordures ;

Considérant que le maintien de la circulation automobile sur de grands axes structurants (Rue de Rivoli, Boulevard Sébastopol, …) permettrait de limiter le report de circulation sur les arrondissements et quartiers alentours des espaces piétonnisés et d’ainsi empêcher leur saturation ;

Considérant que cette piétonisation ne pourra se faire du jour au lendemain sans entrainer des conséquences néfastes pour les riverains, commerçants et personnes travaillant dans les secteurs visés ;

Considérant ainsi qu’il faut établir et communiquer sur un échéancier responsable de cette fermeture à la circulation dans les plus brefs délais ;

Considérant que la problématique complexe de la piétonisation doit trouver une réponse pragmatique et libre de tout intérêt partisan ou électoraliste ;

Sur la proposition de Jérôme DUBUS, Marie-Laure HAREL et des élus du groupe Parisiens Progressistes, Constructifs et Indépendants, le Conseil de Paris émet le vœu que, concernant le projet de piétonisation du centre de Paris :

 

  • Un objectif à terme de 200 hectares d’espaces piétons (hors trottoirs et bois) dans Paris soit posé, soit une augmentation de leur superficie actuelle d’environ 300% ;

 

  • La réflexion engagée soit, en conséquence, étendue à d’autres sites de la capitale, à commencer par les “collines” de Paris (Montagne Sainte-Geneviève, Montmartre, Belleville, etc…), afin de potentiellement les piétonniser également ;

 

  • Une étude de circulation soit réalisée, relative notamment :
    • aux reports de circulation sur les arrondissements et quartiers alentours des espaces dont la piétonisation est envisagée ;
    • au maintien des lignes de bus circulant dans les espaces dont la piétonisation est envisagée ;
    • et à l’opportunité de garder ouverts à la circulation les grands axes structurants des espaces dont la piétonisation est envisagée (Rue de Rivoli, Boulevard Sébastopol, …) ;
  • Une étude de commercialité soit réalisée, concernant les espaces dont la piétonisation est envisagée et les arrondissements et quartiers alentours ;
  • Les riverains et commerçants des espaces visés, ainsi que les personnes y travaillant soient invités :
    • à s’exprimer concernant les modalités de la piétonisation à travers des réunions d’information ;
    • à participer à la définition du projet par le biais de contributions écrites ;
    • et enfin à se prononcer quant au projet au terme de ladite définition ; 
  • La Ville de Paris communique quant aux moyens d’expression susmentionnés ;

 

  • Et enfin les élus du Conseil de Paris, ainsi que ceux des Conseils des arrondissements, dont le territoire sera en totalité ou en partie piétonnisé, soient conviés à la réflexion, afin de participer à la définition du projet.

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